CORRESPONDANCE PARIS / BS AS (5) : PARIS
J’ai appris « l’image est le repas que nous donnons aux morts »
Un matin, l’œil lourd
Il y a ces jours où prend sens la direction, l’une d’entre les autres
Il faudra éviter pourtant qu‘elle ne vole trop haut (l’heure est à la suspicion de tout objet de contamination volant).
Peut-être n’y a t’il jamais eu si peu d’images
Rien que des apparences
Nous jouons à remplir des cases multi sensitives dans l’accumulation de nos propriétés
Convaincre est un mot qui parle de lui-même
N’est-ce pas une mise en boîte que nous opérons ?
Nous sommes l’arbitraire incarné, sa forme indéfinie
Caméléonesque
L’espace de la mémoire sur chaque visage, changé et identique à la fois
Au quartier du coin, les histoires restent
Certaines au bout du téléphone, vers le Nord, toujours
La première fois nous étions deux
Nous dessinions enfin le territoire commun de nos maladresses
Sans le savoir, nous imagions les marques du temps de ce lieu
Disparu depuis
Chaque délimitation d’une parcelle de terrain, lutte
De n’être que cela
Chaque délimitation d’une parcelle de corps, lutte
Avec ou contre sa puissance d’être
Désenclaver l’hiver-cible et perdre son temps, son sujet
Dans la poursuite d’un rire incarné.
ELISE LECLERCQ / PARIS, MERCREDI 15 FEVRIER 2006