CORRESPONDANCE PARIS / BS AS (10) : PARIS
( Quelques-uns là-bas ont pris l’œil au mot. Reste-t-il encore à regarder ? )
Ressasser.
Un mouvement qui inscrit l’inachevé, le provisoire, dans son champ d’action.
Il aura fallu du temps pour s’accorder le retour.
Chaque espace percé n’est peut-être qu’une entaille de plus dans la mémoire, une démarcation nouvelle issue de « ce qui reste ».
Désaisir.
L’autre n’est pas cet absolu inversé, surgissant.
Nos aires d’observation sont des réservoirs d’instantané, pourtant chaque présence se révèle quotidienne. Persistance et trace se rejoignent.
Penser le lieu des questions qui ne sont pas les siennes. Retournées par.
Perdre.
Il y a ce détour, segment d’une histoire vive au creux de la main.
Le plomb des jours dans le poids des maisons. Un ennui plus profond que les forêts alentour.
L’aveuglement du proche, symptôme ordinaire des origines. Les épines douces-amères d’une enfance extraites enfin. Ensemble.
Nous n’irons plus au bois.
Errer.
Flagrant délit d’errance. Nous inachevons les actes du monde permanent.
Du vide à vouloir joindre tombe.
Au temps continu vient s’accorder le flux des obstacles sans fin. Eparpiller les jours, les minutes, les secondes, dans ce qui éternise.
Nos dispersions sont l’épreuve des résistances.
ELISE LECLERCQ / PARIS LE 27 AVRIL 2006